Un paradoxe vivant : les électeurs immigrés au sein du Front National

Le Front National (FN) représente un parti de l’extrême droite en France qui soutient des politiques nativistes. Fondé en 1972 par Jean-­Marie Le Pen, ce parti a toujours souligné l’importance d’une France pour les vrais Français. Par conséquent, ses discours se manifestent par des sentiments racistes, notamment contre les Juifs. Malgré la banalisation récente du FN par le chef actuel du parti, Marine Le Pen, ses politiques renforcent toujours des sentiments xénophobes. Néanmoins, ce parti profite également du soutien des électeurs immigrants, qui sont typiquement des musulmans de l’Afrique du Nord mais de citoyenneté française. En conséquence ces immigrés et leurs descendants se considèrent comme des vrais Français. Donc les électeurs immigrés qui soutiennent le FN le font pour des raisons d’insécurité de l’économie et de l’immigration, mais ils ne sont pas représentatifs de tous les immigrés en France.

Dans un premier temps, les politiques proposées par le Front National attirent de plus en plus des électeurs immigrants à cause des défis récents de l’économie et de l’immigration. D’abord, le chômage en France mène les immigrés à soutenir le Front National qui promet les emplois uniquement pour les Français. Depuis 2013, le chômage en France reste stable à environ 10%, mais ce chiffre saute à presque 24% chez les immigrés.[1] Donc ce groupe démographique devient plus susceptible à une rhétorique nataliste à cause de la frustration qui typiquement accompagne le chômage chronique. Alors quand le Front National a promis de « prioriser l’emploi des personnes ayant la nationalité française », il attire beaucoup des électeurs immigrants grâce à l’opportunité concrète de réduire leur taux de chômage.[2]

De plus, les conséquences  de l’Union Européenne sur l’économie française, perçues négativement, contribuent également à la croissance du soutien pour le FN entre les électeurs immigrés. D’après les chiffres cités par le Front National, la participation dans l’UE a nui à l’économie de la France : « 2 millions d’emplois perdus depuis 30 ans, 400 000 emplois perdus rien que depuis 2007, [et une] explosion des délocalisations. »[3] Alors, les politiques de réindustrialisation et de la sortie de l’UE guident beaucoup des électeurs immigrés vers le FN, particulièrement ceux qui ont besoin d’un emploi ouvrier.

Dans un deuxième temps, les défis d’immigration récente conduisent également les électeurs immigrés vers le FN, spécialement concernant les problèmes d’intégration et de sécurité. En effet, les électeurs immigrés qui sont mal intégrés en France paradoxalement sont ceux qui soutiennent davantage les discours du FN sur l’immigration. D’après Karim Ouchikh : « L’arrivée massive d’étrangers … [a] bloqué le système d’intégration. »[4] Les nouveaux étrangers en France, spécialement ceux qui refusent d’apprendre le français mais abandonnent leurs coutumes, ont nui à l’image de tous les immigrés. Donc quand le FN promet « d’aboutir à un solde de l’ordre de 10 000 étrangers par an [en France] », une grande partie des électeurs immigrants votent FN pour mieux s’intégrer sans l’influence négative des nouveaux immigrants.[5]

Ensuite, les attentats récents de terrorisme ont rappelé aux électeurs immigrants le besoin de contrôler la nouvelle vague d’immigration. A cause des évènements tragiques du 13 novembre, 2015 à Paris, la sécurité est remontée au sommet des priorités pour les Français. Ce problème a atteint plus d’attention spécialement parce que les attentats étaient exécutés par les djihadistes qui ont rejoint la France en se mêlant aux migrants. Par conséquent, les politiques sévères proposées par le FN, comme le rétablissement de la peine de mort, peuvent séduire beaucoup des électeurs immigrés qui craignent pour leur sécurité.

Malgré tous ces défis qui augmentent la popularité du FN, les électeurs immigrés au sein de ce parti ne représentent pas la plupart des immigrés en France, pour les raisons du manque de statistiques et de distinction entre les vieilles et jeunes générations.

Premièrement, la Constitution de la Vème République interdit la collecte des statistiques concrètes sur la race ou la religion des électeurs. L’article 1er de la Constitution déclare que « [la France] assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. » En conséquence, l’Etat n’a pas l’autorité de demander ni les origines, ni la religion des électeurs. Cette interdiction rend difficile de connaître définitivement la proportion des immigrants qui  soutiennent vraiment le FN.

Par ailleurs, ce refus de collecter des statistiques sur les origines se manifeste également dans la culture française. Parce que la France officiellement ne reconnaît ni race ni religion, la tendance de s’identifier comme Français d’abord est enracinée dans la culture.  Donc même si la loi permet la collecte des statistiques des origines des électeurs, la plupart des électeurs ne va pas avoir l’habitude de dire volontairement son origine ethnique. Donc ce manque de statistiques cache la vraie popularité des politiques du FN parmi les immigrés français.

Deuxièmement, les opinions différentes entre les vieilles et les jeunes générations des immigrés montrent que le soutien du FN dépend également sur l’âge et les valeurs de la personne sondée. D’une part, la vieille génération des immigrés peut souvenir davantage des politiques racistes du FN en comparaison avec les souvenirs des jeunes immigrés. Parce que ces nouvelles vagues de jeunes électeurs immigrés n’ont pas eu l’expérience d’écouter aux politiques discriminatoires de Jean­-Marie Le Pen, leur soutien du FN ne peut pas représenter les sentiments de tous les immigrés, particulièrement de ceux des vieux immigrés. D’autre part, la plupart des immigrés qui votent pour le FN a renoncé à son identité musulmane. D’après une experte au Centre pour les Etudes Stratégiques et Etrangères (CSIS), « les immigrés du Maghreb, les Musulmans […] quelques veulent assimiler [à la société française], et donc [ils] renoncent l’Islam. » Par conséquent, ces électeurs sont plus français que musulmans, et alors ne sont pas des représentants de la grande partie des électeurs immigrés qui sont musulmans.

Le soutien du Front National par les immigrants apparaît paradoxal à première vue. Néanmoins, les défis de l’économie et de l’immigration attirent les immigrés au programme du FN, notamment ceux qui sont pauvres et mal intégrés. Mais surtout, il faut être prudent concernant ces électeurs immigrants. A cause du manque des statistiques concrètes sur ces immigrants et la grande différence entre les vieilles et jeunes générations des immigrants, il est difficile de savoir le véritable nombre d’électeurs immigrés qui soutiennent le FN.

Un article de Leo Luo


[1] « Le Taux De Chômage Des Immigrés En France. » Observatoire Des Inegalites. 12 mai 2015. Accès 15 décembre 2015. http://www.inegalites.fr/spip.php?article86.

[2] « Resindustrialisation (FN). » Front Nationale. Accès 15 décembre 2015. http://www.frontnational.com/le­projet­de­marine­le­pen/autorite­de­letat/immigration/.

[3] « Resindustrialisation (FN). » Front Nationale. Accès 15 décembre 2015. http://www.frontnational.com/le­projet­de­marine­le­pen/autorite­de­letat/immigration/.

[4] « Ces Musulmans Séduits Par Le FN   . » Le Point. 7 octobre 2015. Accès 15 décembre 2015. http://www.lepoint.fr/politique/ces­musulmans­seduits­par­le­fn­07­10­2015­1971307_20.php.

[5] « Immigration (FN). » Front Nationale. Accès 15 décembre 2015. http://www.frontnational.com/le­projet­de­marine­le­pen/autorite­de­letat/immigration/.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de recharger le CAPTCHA.