L’Ecologie : un intérêt nouveau et grandissant pour les partis de droite

Depuis les années 1970, avec la remise en cause de la société de consommation, l’écologie politique, un mouvement politique qui insiste sur la prise en compte des enjeux écologiques dans l’action politique et dans l’organisation sociale, s’est développé et a commencé à acquérir de l’importance. En d’autres termes, les problèmes écologiques sont devenus politiques, ainsi que les politiciens ont commencé à défendre une culture du quotidien qui protège la survivance de l’espèce humaine, la biodiversité, et l’environnement. Cette prise de conscience écologique a commencé plus fortement chez les partis politiques de gauche, comme “Europe Ecologie Les Verts”. Cependant, même si au début les partis de droite n’étaient pas très actifs dans les enjeux écologiques, au cours de la dernière décennie ils ont commencé à s’y intéresser parce qu’ils se sont rendus compte de la croissante importance et la pertinence politique de l’écologie. Des partis de droite donc ont développé leurs propres politiques écologiques, qui sont en corrélation avec leurs idéologies. Deux partis de droite en particulier, l’Union Pour Un Mouvement Populaire (UMP) et le Front National (FN), démontrent cet intérêt récemment développé dans leurs plateformes.
L’Union Pour un Mouvement Populaire, qui se trouve au centre­-droit, était un des premiers partis de droite à se concentrer sur les politiques climatiques indépendamment de la gauche et des persuasions politiques ­ c’était une initiative innovatrice. L’UMP a commencé à formuler sa politique écologique principalement par l’Ecologie Bleue—un des cinq mouvements qui a formé l’UME (qui puis est devenu l’UMP) en 2002, et est l’actuel réseau écologiste de l’UMP. Il se concentre sur la biodiversité, le climat, et l’utilisation de l’énergie. De plus, ce parti est plus connu pour défendre un programme de « développement durable de la société et les valeurs du mouvement écologiste ». Selon ce programme, qui est dirigé par Nicolas Sarkozy, la France développerait des filières vertes, mobiliserait de la recherche publique et des commandes publiques pour les équipements industriels liés aux énergies renouvelables, et valoriserait l’offre française d’écoproduits auprès des consommateurs. La France utiliserait également l’énergie nucléaire, avec un programme nucléaire qui donnerait à la France l’indépendance énergétique dans le respect de normes de sûreté très strictes. Le désir d’avoir d’indépendance énergétique est lié avec les valeurs de l’UMP, qui veut « que la France garde la maîtrise de son destin dans un monde en plein bouleversement », et qui veut « protéger et préparer l’avenir des enfants de France ».

Pendant la présidence de Sarkozy, l’UMP lançait le « Grenelle de l’Environnement », une série de discussions en 2007 entres des représentants de l’Etat et de la société civile. Le but de l’UMP et le Grenelle de l’Environnement était d’avoir un plan de politique climatique et énergétique en fixant un seul objectif « contraignant, mais réaliste », pour réduire les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030. Ce choix implique d’abandonner l’objectif contraignant de déploiement des énergies renouvelables, et de ne pas en introduire un pour l’efficacité énergétique. Cette politique est cohérente avec les principes de la droite : L’UMP reste attachée au principe du libre choix du mix énergétique, garanti par les traités européens.

Ecologie Bleue sera bien présente dans la continuité de sa logique d’union de toutes les forces de la droite et du centre (un avantage que le FN n’a pas). Les actions du parti Ecologie Bleue de l’UMP étaient soutenues par les politiciens de droite comme Jacques Chirac, qui proclame que « l’écologie est tout à la fois une urgence et une exigence ». De plus, pendant le mandat du Sarkozy, l’UMP et le Grenelle ont eu beaucoup de succès en coordonnant avec des autres organisations environnementales comme Réseau Action Climat (RAC), la fédération France Nature Environnement (FNE, 3000 associations), Greenpeace, le WWF, les Amis de la Terre, la Ligue Roc et la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO). En outre, Ségolène Royal, membre du parti socialiste et Ministre de l’Ecologie, du Développement Durable, et de l’Energie, coordonnait avec Nicolas Hulot sur un plan écologique juste.

Depuis le mandat de Sarkozy, le Grenelle a eu beaucoup de succès politique. Même le président socialiste François Hollande soutien l’initiative environnementale de la droite. Le 3 mars 2015, Jean­-Louis Borloo, fondateur de l’UDI, parti du centre droite, a invité Hollande au lancement de la fondation de l’énergie de Borloo. Hollande a attribué le rassemblement des forces politiques sur l’écologie et l’environnement au Grenelle de Sarkozy : il proclamait que « seul Jean­-Louis Borloo pouvait rassembler ces forces politiques. C’est l’esprit du Grenelle ». Aujourd’hui, Sarkozy continue à développer les politiques écologiques du Grenelle, comme le développement des énergies renouvelables, la réduction de la facture énergétique via des mesures d’efficacité énergétique, et la durabilité (avec l’application du plan écophyto 2018 qui veut réduire de 50 % de l’utilisation des produits phytosanitaires d’ici 2018). Grâce au position centre­-droite de l’UMP, du Grenelle, et de l’UDI, les politiques écologiques de Sarkozy ont eu beaucoup de succès dans les années 2000 et ils continuent à développer aujourd’hui sous Hollande.

En réagissant à la pertinence des enjeux écologiques, le Front National, comme l’UMP, était aussi en train de développer une politique écologique en accord avec son idéologie. Ce parti d’extrême droite a reconnu l’importance d’incorporer des politiques écologiques dans sa plateforme la plus récente. Pourtant, bien qu’il admette la signification de la politique écologique, le FN n’a pas développé une politique similaire ni à celle des partis de gauche, ni à celle des partis de droite comme l’UMP, et plutôt a crée des politiques qui concordent avec ses idées principales. De plus, ses buts écologiques indiquent que le parti a développé ces idées pour essayer de maintenir de pertinence politique, justifier cette idéologie, pour sembler moins extrémiste, et pour obtenir plus d’adeptes. Sur son site web, le parti concède: « l’écologie ne peut être déconnectée des grands choix économiques et doit être portée en cohérence avec l’ensemble du projet présidentiel ». Les positions vers les enjeux écologiques reflètent leurs idées générales, et surtout complètent leur désir d’avoir indépendance monétaire, leur politique stricte vers l’immigration et des idées nationalistes et leur euroscepticisme.

En 2012, sous la direction de Marine Le Pen, le FN lançait son programme “Collectif Nouvelle Ecologie.” Ce programme diffère de celui de l’UMP, parce qu’il n’inclue pas beaucoup de projets en concernant le développement durable et se concentre surtout sur ­­­­la sécurité alimentaire et industrielle, la protection animale, et les relations entre l’écologie et l’économie. Il aussi intègre des politiques concernant la transition énergétique, la pollution et la santé, la préservation des paysages et l’aménagement des territoires, ainsi que les ressources renouvelables, et la protection de la faune et de la flore. Sur son site web, le parti explique que son vision de l’écologie « est différente de celle d’une majorité de partis, car elle dérive d’une vision patriote de la France ». En outre, il affirme que « non seulement l’écologie et le patriotisme ne sont pas inconciliables, mais qu’en réalité, leur alliance est essentielle, qu’il n’est pas de patriotisme envisageable sans écologie ». Le FN étend cette notion d’une écologie patriotique pour inclure des idées en faveur de l’euroscepticisme. Il déclare que « puisqu’il y a un patriotisme économique (par le protectionnisme agricole et industriel, l’indépendance monétaire…) il y a également un patriotisme écologique, passant par une même volonté d’indépendance ».

Avec ce programme, le FN introduit « une politique migratoire et de coopération écologique », avec laquelle il justifie sa proposition de réguler strictement l’immigration. Dans son site web, il affirme que le contrôle des « phénomènes migratoires… permettra de favoriser les perspectives de croissance et de développement harmonieux des zones de la planète aujourd’hui menacées ». Sa politique pour la protection des animaux reflète également l’idéologie du parti en concernant la migration. D’un côté, le FN veut protéger les animaux en durcissant la législation qui concerne l’expérimentation sur les animaux et en appuyant des programmes de lutte contre leur abandonne. Cependant, en même temps, le FN déclare la continuation de l’interdiction de l’abattage des animaux sera respecté. Selon l’eurodéputé Yannick Jadot, avec cette dernière déclaration, le Front National « instrumentalise l’écologie pour conforter sa clientèle islamophobe et s’en prendre à l’abattage rituel », et également utilise cette idée « pour justifier le refus de l’immigration ».

En somme, même si les partis de gauche étaient les premiers à développer des politiques écologiques, depuis la fondation de l’UMP, qui était en fait associé avec un mouvement écologique, la droite est devenue plus active vers les enjeux écologiques. Ce changement vers des politiques écologiques est évident chez l’UMP et même le Front National, ainsi que les deux ont crée des politiques qui correspondent à leurs idéologies respectives. Les réponses de ces deux partis révèlent que des nos jours, il est impossible d’avoir du succès politique sans adopter une vision écologique.

 Article de Inés Jiménez-­Ontiveros et Rama Sarraj

Bibliographie

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Contet, Anne. « Qu’est-­ce que l’écologie bleue? », Écologie Bleue, 21 janvier 2014 : http://www.ecologiebleue.org/ Qu­est­ce­que­Ecologie­Bleue_a38.html

« Écologie, Sécurité Alimentaire et Industrielle, Protection Animale. », site officiel du Front National, 1 avril 2015 : http://www.frontnational.com/le­projet­de­marine­le­pen/avenir­de­la­nation/ecologie­ securite­alimentaire­et­industrielle­protection­animale/

« La Genèse du Grenelle de l’Environnement. », Ministère de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie, 1er avril 2015 : http://www.developpement­durable.gouv.fr

« Nos Propositions. » Collectif Nouvelle Écologie. Ed. Gauthier Bouchet, 1er avril 2015 : http://collectifnouvelleecologie.fr

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« Programme UMP: Idées ­ Propositions. » Sondages­election.com. Ed. Guillaume Duchene, 1er avril 2015 : http://www.sondages­election.com/programmes/programme­union­mouvement­ populaire.htm

Waintraub, Judith. « L’UMP Veut Promouvoir une Écologie de Droite. » Le Figaro 10 Octobre 2009 : http://www.lefigaro.fr/ politique/2009/10/06/ 01002­20091006ARTFIG00004­l­ump­veut­promouvoir­une­ecologie­de­droite­.php

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